MON ÉDUCATION

Ike, un ami de la famille me

répète souvent :
« Charlie, listen to me… work hard, study hard, play hard… »  Tu as bien raison Ike, et ça a marché et ça va continuer! 

« Ce n’est pas le système scolaire actuel qui va s’adapter entièrement à nous, mais à nous de s’adapter au système si on veut réussir selon les normes du ministère. Puisque nous ne sommes pas des élèves qui cadrent dans la norme de notre système scolaire d’aujourd’hui, il faut se trouver des trucs pour étudier, une façon différente d’apprendre. J’ose espérer qu’un jour le ministère de l’éducation va intégrer des façons différentes pour aider à l’apprentissages (ils en existent déjà…)
qui vont nous permettre d’obtenir à nous aussi notre diplôme et de continuer des études! »

Vous devez savoir que dès la 3e année primaire, certaines personnes du milieu scolaire disaient à ma mère de ne pas avoir trop d’espoir concernant le secondaire. Si je réussissais à terminer ma 6e année, ce serait merveilleux. Un bulletin adapté pourrait être une option qui finalement est le début du cheminement particulier, donc impossible d’obtenir un diplôme d’études secondaires. J’ai fait mon secondaire (sauf mon 4e secondaire) dans le cadre d’un programme sport-études avec option tennis. J’étais en classe le matin et l’après-midi, j’étais sur les courts de tennis.

 

Voici une journée typique au primaire :

 

Levé à 7 h - déjeuner - marche jusqu’à l’école. Retour à la maison pour le dîner. Retour à l’école pour l’après-midi et retour à la maison vers 15h15. À 16h, arrivée de mon enseignante à la maison, et ce, jusqu’à 17h - 3 jours par semaine. Ensuite, je pars chez mon grand-père pour poursuivre l’étude; de retour à la maison vers 18h30. Souper. Douche. Repos. 8 heures au lit! Ouf! Il y a des journées , où j’avais aussi des cours de tennis après l’école en préparation à ma rentrée au secondaire en sport-études.

 

Mon primaire

 

Je ne savais pas vraiment que j’avais des problèmes avant la 6e année. Je dois dire que ma mère ne m’a jamais rien caché, mais je ne comprenais pas vraiment les conséquences et vraiment ce qu’étaient mes soi-disant troubles. J’allais à l’école et je faisais ce que l’on me demandait. Ma mère trouvait que c’était trop difficile pour son côté émotif de me faire faire mes devoirs. Ça lui arrivait oui, pour certains devoirs, mais disons que ma mère n’a pas beaucoup de patience - et avec moi, c’était primordial d’avoir de la patience. Elle préférait tout organiser pour s’assurer que je reçoive l’aide dont j’avais besoin. À partir de la 2e année primaire, j’ai eu la voisine qui venait à la maison, ensuite il y avait aussi ma gardienne - je n’allais pas en garderie, mais on avait une fille qui venait quelques jours par semaine qui m’aidait aussi pour les devoirs. Je ne posais pas de questions - je faisais ce que l’on me demandait. J’avais beaucoup plus de difficultés qu’aujourd’hui, mais comme je vous l'ai dit, je ne savais pas que j’avais de la difficulté. Par exemple, je n’arrivais pas à retenir mes tables de multiplication. J’échouais souvent mes tests. Je perdais mes feuilles, etc. Alors, pour m’aider à y arriver, j’avais environ 2 heures d'aide par semaine. J’avais de l’aide aux devoirs à l’école, mais il paraît que ce n’était pas suffisant. À partir de la 4e année, j’ai eu une enseignante régulière qui venait à la maison de 2 à 3 heures par semaine. J’ai eu Virginie, Audrey et ensuite Stéphanie… qui est toujours mon enseignante à la maison depuis 8 ans (vous pouvez l'entendre dans l'onglet MES VIDÉOS).

 

Donc au début, j’ai eu la petite voisine qui était en 4e secondaire et qui était bonne à l’école. Elle venait m’aider avec mes devoirs. J’avais aussi ma gardienne qui aidait. Des fois, c’était ma sœur la plus vieille qui m’aidait ou même mon grand-père qui m’aidait à faire de la lecture chaque jour. En fait, je devrais plutôt dire que chaque jour, j’allais chez mon grand-père (qui habite à 3 maisons de la mienne) pendant une heure - il me parlait de géographie et de politique et je faisais mes mots de vocabulaire et mes tables de multiplications avec lui. Chaque jour, il répétait ce qu’il m’avait dit la veille, jusqu’à ce que je le retienne. Je suis allé chez lui pendant plusieurs années et j’y vais encore, mais là ce n’est plus pour étudier! Et ensuite sont arrivées les BOSS.

 

À la fin de mon primaire, on travaillait beaucoup à ce que je devienne autonome. J’oubliais souvent mon agenda, des feuilles à remettre aux parents, j’attendais que mon enseignante à la maison me dise d’ouvrir mon sac et de préparer mes choses, etc. Bref nous avons fait beaucoup plus de travail sur l’organisation que sur les méthodes d’apprentissage. Il fallait bien partir quelque part!

 

Voici une journée typique au secondaire :

 

Levé à 7h - déjeuner - marche jusqu’à l’autobus. Ça prend une heure en autobus pour me rendre à l’école. 12h10 fin des cours - je reprend l’autobus pour aller au tennis -  trajet 45 minutes en autobus. 13h à 15h30 tennis. Retour à la maison. Stéphanie, mon enseignante à la maison m’attend - une heure ou deux de cours - selon ce que j’ai au programme. Ensuite - douche, souper et parfois j’ai des enseignants qui reviennent pour d'autres cours, dont Samuel pour un cours de diction. Sinon, je termine mon étude, je n’ai pas le droit de négocier et ensuite… je prends ça soft!

 

Mon secondaire

 

C’était un nouvel environnement auquel nous avons tous dû nous adapter si nous voulions passer ces 5 années. Quand je dis nous, je parle de mes enseignants et de mes boss personnels (que je vous présenterai plus loin). Rendu en 4e secondaire, l’adaptation allait mieux, il était temps! (rire). 

 

Alors, nous avons modifié plusieurs fois les méthodes de travail autant à la maison qu’à l’école avec mon orthopédagogue Nancy, mon autre boss que vous voyez dans une des vidéos sur le site. Je ne le vous cacherai pas, nous avons eu des méthodes concluantes et d’autres à oublier.

 

D’année en année, le secondaire est plus difficile, donc j’ai dû mettre les bouchées doubles, même triples. Pas toujours facile de vouloir réussir, mais c’est tellement motivant quand on réussi que ça en vaut le travail. Je ne cherchais pas à avoir 80 %, ça c’était dans mes rêves, mais je voulais passer à 60 %. Quand je ne réussissais pas un cours au secondaire qui était obligatoire, je le reprenais en cours d’été. Ma mère a toujours cru que je devais conserver mon estime - conserver mes amis et mon environnement. Donc, il était important que je réussisse chaque cours avant la rentrée scolaire de l’année suivante.


En 4e secondaire, l’adjointe-directrice, à ce moment du sport-études était madame Nancy Roy, mon autre boss. Elle m’a dit : « Charles, que penserais-tu de faire une année régulière? » Sur le coup, je me suis dis : non pas besoin, j’aime être en sport-études - ça va bien. Elle me dit : « Moi je crois que le 4e secondaire est une grosse année et j’aimerais que tu réussisses, parce que c’est important. Si tu réussis ton année, avec note de passage seulement, on s’entend, je te demande 60 %, pas plus, eh bien tu retourneras en sport-études en 5e secondaire, avec tes amis pour ton année de graduation. » Sur le coup, je ne savais pas trop. J’ai posé quelques questions et finalement je lui ai répondu : « Oui c'est correct, si c’est ce que ça prend, je vais le faire. » Woah!, je ne m’attendais pas à ça. Ça m’a fait quelque chose. C’était comme une déception. Mais je sais que je n’avais pas grand choix si je voulais réussir. Ce n’était pas le temps de me plaindre ou encore de prétendre que j’étais capable. On ne m’aurait pas laissé faire de toute façon, j’en suis pas mal certain. Donc, première journée d’école - j’ai dû laisser le sport-études tennis pour une année régulière, parce que ça allait être mon année la plus difficile : Quatre examens du ministère. À la maison, j’ai dû avoir des enseignants différents pour les matières sciences, histoire et mathématiques. J’ai de très bons enseignants à vous référer si jamais!

J’ai réussi tous les examens du ministère, sauf celui de mathématiques - et pourtant j’étais certain d’être prêt. Je l’ai repris en cours d’été. Je l’ai encore échoué et encore là, j’étais certain d’être encore plus prêt que la première fois. Je l’ai échoué avec peu, donc ce n’est pas couler l’examen, je ne l’ai juste pas réussi. Pour moi, c’est différent maintenant. Alors je l’ai repris en janvier de l’année suivante et j’ai réussi avec 80 %,  je pense que là, j’étais prêt! Il n’est pas arrivé souvent que j’ai eu des 80 %  à part en arts plastiques et en éducation physique! (rire). Finalement - le 4e secondaire régulier s’est avéré le meilleur choix pour moi!

 

Aujourd’hui – Cinquième secondaire

 

Depuis septembre 2015, je ne prends plus de médication. J’ai eu droit à plusieurs sortes de médication, mais celle qui était le plus bénéfique pour moi, c’était Adderall, sans trop d’effets secondaires comme la perte d’appétit - un état légèrement dépressif, fatigue, difficile de m’endormir le soir, yeux cernés…

 

J’ai toujours mon enseignante Stéphanie environ 2 à 3 heures par semaine à la maison. Stéphanie m’a aussi aidé à écrire les textes de ce site Internet. Je suis rendu bon, mais pas à ce point! (rire). 

 

En plus, chaque semaine, je vois un chiropraticien. Le meilleur je crois! Le meilleur pour moi. Je le vois depuis un an pour le côté neurologique de mon cerveau. Eh oui, ça se travaille le côté neurologique. C’est en constante évolution chez l’humain, alors je n’ai rien à perdre d’essayer et au contraire, j’ai tout à gagner. Pleins d’exercices différents que je dois faire chaque jour, comme exemple : sauter sur un trampoline sur un pied, faire des exercices de coordination bras et jambes, etc. Chaque exercice est adapté en fonction de moi, de mes faiblesses et de mes forces. Il y a eu une très grande amélioration à la vitesse grand V. Pratiquement incroyable! Moi-même, je me reconnais plus! (rire)

 

Pour ceux qui me connaissent bien - ils peuvent voir la différence entre maintenant et avant. Mes enseignants, mon entourage s’en est vite aperçu. Et sans aucun doute que cela contribue au fait que je n’ai plus besoin de médication. La médication m’a aidé à faciliter ma vie et celle des enseignants et de mes proches et à rendre l’accès au secondaire possible.

 

Ma mère a aussi décidé d’essayer de couper le sucre et les produits laitiers et les pâtes - juste pour moi… la semaine seulement! Soi-disant que c’est mieux pour mon cerveau. Ce n’est rien d’excessif, mais bon si ça prend ça! Des fois, j’ai l’impression que ça change quelque chose… je me sens comme plus réveillé.

 

Conclusion, la fin de mon 5e secondaire se déroule bien. Mes applications pour le cégep sont parties. Les réponses sont entrées, et je peux maintenant choisir le cégep que je veux. C’est moi qui va choisir! Qui aurait dit?!

 

Vous savez, je ne relève pas de la science, ni de la magie… Peut-être que je fais partie des exceptions de la règle… mais dans le fond, quelle règle? Des statistiques? Peut-être. Mais des statistiques basées sur quoi au juste? Je crois que je relève surtout de moi-même et de ceux qui m’ont aidé. Et vous pouvez faire pareil. Ça prend du mental… faut travailler fort, faut y croire même si on tente de nous amener vers un autre chemin, et il faut vouloir. Il faut aussi vous changer les idées avec une activité quelconque, ça aide pour développer d’autres aspects de votre cerveau.

 

Tout ce que vous ferez pour stimuler et améliorer votre condition sera bon, et je peux vous aider… je peux vous aider à rester motiver en m'écrivant.

 

Comme on dit en anglais : « Everything happens for a reason! » Reste à savoir c’est quoi la raison! (rire)