CHARLES

Si tu es sur ce site, c’est peut-être parce que tu es comme moi. Tu es soit dysphasique, soit
apraxique, soit dyslexique, soit dyspraxique ou sensiblement comme moi : dysphasique,
dyspraxique et apraxique sévère. Je peux très bien comprendre comment tu te sens!

Charles McKenna 

« Les sports aident à développer d’autres aspects de notre cerveau. Tout ce que tu fais pour stimuler et améliorer ta condition sera bon pour toi! Et si tu
es sérieux, je peux t’aider à rester motivé. 
Écris-moi et je peux t’encourager. »​

On se demande pourquoi on n’est pas comme les autres, pourquoi ça semble si facile pour eux et si difficile pour nous. C’est vrai que ce n’est pas facile, que l’on peut se décourager et que nos années d’école au primaire et au secondaire ne sont pas évidentes à traverser. Plusieurs abandonnent, par contre, j’ai une bonne nouvelle pour vous : j’ai réussi! Eh oui! J’ai réussi à avoir mon diplôme d’études secondaires (D.E.S.). Pas un diplôme adapté! Un diplôme comme les autres. Alors pour ceux et celles qui aimeraient avoir leur diplôme, et peu importe d’où vient le diplôme, et qui pensent que ce n’est pas possible : C’est possible! Il faut simplement que vous y croyez et il ne faut JAMAIS lâcher!
 

Vous savez, il m’est arrivé de pleurer (oui, moi un gars, j’ai pleuré!) parce que j’étais tanné, fatigué de toujours recommencer ou encore d’obtenir un échec dans un examen quand j’avais étudié plus que jamais. De ne jamais avoir de 80 % ni même de 70 % ! Des échecs, croyez-moi, j’en ai eus. Mais des réussites, j’en ai eues aussi et c’est ce qui m’a permis de continuer. J’ai essayé de travailler par moi-même, de ne pas demander d’aide – donc, de faire comme si j’étais 
« normal ». Résultat : ÉCHEC. Alors, ne faites pas comme moi… on perd du temps pour rien et ce n’est pas grave d’avoir besoin d’aide. Toute notre vie, on risque d’avoir besoin d’aide pour quelque chose. Je me suis choqué, j’ai été fâché, découragé, je me suis traité de nul, mais jamais je ne me suis fâché après les autres. Je me suis fâché après moi.

 

Toute l’année, je travaillais fort, les étés aussi j’avais des cours. J’avais des cours, parce que sinon je prenais trop de retard quand on revenait en septembre. Alors la personne qui me donnait des cours l’été, faisait la révision des derniers mois de l’année d’école précédente et prenait de l’avance pour quand j’allais entrer dans ma prochaine année.

 

C’est de cette façon que j’ai passé mes étés de mon primaire et de mon secondaire. Ha oui! Ma mère ne m’a jamais fait reprendre une année, non pas parce qu’elle pensait que je devais faire comme les autres, mais parce qu’après avoir parlé avec des gens qui s’occupent d’une école de dysphasique au Québec – ils lui ont dit que pour un enfant comme moi, reprendre une année n’était pas la meilleure solution. Donc, chaque année elle rencontrait le directeur et elle demandait à avoir un plan d’intervention. Les enseignants lui ont proposé d’avoir une feuille de suivi pour moi. C’est-à-dire une feuille qui montre et détaille, de semaine en semaine ce que j’avais à faire comme devoirs ou travaux à remettre. Chaque soir, ma mère devait la signer. À l’école, elle s’assurait que tout le monde connaissait mon cas. Et elle disait toujours : demandez-nous ce que vous voulez - on va travailler à la maison ; on va tout faire pour que Charles soit capable de suivre le groupe. Alors, vous comprendrez que je devais travailler doublement, triplement même. Plus jeune je ne comprenais vraiment pas pourquoi tout ça, mais je le faisais.

 

Aujourd’hui, avec un diplôme en main, je comprends mieux. Je remercie tout le monde. Je remercie le ciel aussi! Parce que lui aussi, je lui ai parlé! Il n’y a rien de facile, je le répète, mais il n’y a rien d’impossible. Alors retroussez vos manches et go! Lâchez vos cellulaires, vos consoles de jeux et go! On travaille! On arrêtera quand on saura la matière. Ça c’est ce qu’on me disait. Et cela a fonctionné! Soyez positifs. Ça ne sert à rien de chialer ou de se lamenter. Plus on travaille, et plus les gens nous aident et plus le succès est là!

 

Mon site Internet vous aidera à persévérer dans la vie, à ne pas abandonner votre rêve et surtout à foncer! Vous y découvrirez les méthodes de travail que  j’ai utilisées et que j’utilise encore pour passer mes examens et comment je m’y prends pour vivre avec tout ça. Car, il n’y a pas juste l’école qui est difficile, dans les sports ou à la maison, ça peut être compliqué aussi. J’ai peu de mémoire ou plusieurs me disent que j’ai une mémoire à court terme. Même si avec le temps ça s’améliore, alors, ce que l’on me dit - quelques secondes après je l’oublie. Ainsi, inutile de vous dire que je recommence souvent la même chose jusqu’à ce que ça me rentre dans la tête! C’est comme ça. C’est ça ou rien. Et moi, je ne veux pas rien. Je veux me dépasser. Je veux être capable de me souvenir ou au moins trouver une façon de ne pas tout oublier. Et au fil des années - je me suis trouvé des trucs. Mes trucs ne seront peut-être pas les vôtres, mais vous pourrez vous en inspirer ou encore trouver vos propres trucs qui vous aideront à fonctionner.

 

Lorsque j’étais plus jeune, chaque fois que je parlais, on me disait souvent : excuse peux-tu répéter s.v.p.? J’ai appris à prononcer mieux, ceux qui sont dysphasiques savent de quoi je parle. Le langage n’est pas notre force. Avec le temps, j’ai appris à prendre mon temps et à parler plus fort un peu. Tout le long de mon primaire, je n’osais pas poser de questions en classe. Mais j’ai commencé tranquillement au secondaire. Lever la main devant les autres, je ne l’ai pas fait souvent au primaire, mais maintenant je le fais et je ne me gêne pas, parce que je me rends compte que ça m’aide, et même des fois cela aide les autres qui sont plus gênés de poser des questions.

 

En classe, j’ai toujours écouté même si je ne comprenais rien parfois. Mais, je n’avais pas le temps de ne pas écouter. Plus je vieillissais, et plus je voulais que mes enseignants ou mon orthopédagogue soient fiers de moi. Je voulais leur montrer que j’étais capable d’être là, dans cette classe.

 

Ce n’est pas facile d’être dans notre tête, dans notre corps. Parce qu’aussi, on peut avoir de la difficulté avec notre côté moteur - comme attacher nos lacets - attacher nos boutons, prendre un crayon, etc. Pour certains, c’est facile, mais pour moi ce n’était pas toujours facile. Mais avec le temps, on apprend… le TEMPS, le FAMEUX TEMPS... Et heureusement, on a le temps, sinon je ne serais pas ici en train de vous parler. On me disait souvent que je suis l’avenir… aujourd’hui, je comprends. Si tous les jeunes comme moi, et il paraît qu’aujourd’hui il y en a plus… alors si tous les jeunes comme moi abandonnent l’école… il va se passer quoi plus tard ?! J’aime mieux penser que plus tard, je vais faire ce que je rêve, ce que j’aime et non pas ce que je n’ai pas eu le choix de faire… parce qu’on a toujours le choix. TOUJOURS! Ne l’oubliez surtout pas.

 

Pour les parents, je souhaite vous dire que tout est possible pour votre enfant, qu’il ne faut pas abandonner et continuer de croire en lui. D’investir en lui. Et n’ayez pas peur de nous faire travailler. Vous devez savoir que ma mère a dû souvent être très sévère avec moi. Elle ne laissait rien passer. Même si j’étais fatigué, elle me disait : « Allez Charles! Tu es capable! Là... tu perds ton temps. Plus vite tu vas le faire et plus vite tu vas terminer. Demain tu verras, tu seras content que ce soit fait. Oui, ce n’est pas facile, mais la vie en générale n’est pas toujours facile, mais toi tu auras un pas de plus… tu auras appris à travailler fort, sans compter tes heures… ça va te servir plus tard! Eh bien, c’est ça la vie Charles, pas toujours le fun… mais c’est comme ça, et crois-moi ça vaut la peine de travailler plus, même si ça ne te tente pas. Moi non plus ça ne me tente pas de te forcer, mais c’est ça ma job et je sais que cela te servira! » 

 

Alors, je crois qu’elle a eu raison. On est jeune et on est capable d’en prendre..., même l’été! On n’a jamais cessé de croire en moi. Ma mère a fait un travail extraordinaire, je dirai même phénoménale. Il ne faut pas se le cacher, nous avons besoin de soutien pour avancer.

 

Et à travers tout ça… j’ai appris ceci :

 

« C’est en défonçant des portes que nous allons chercher l’aide dont nous avons besoin. »